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Achats d’énergie en période de Covid-19 : une stratégie à inventer !

Achats d’énergie en période de Covid-19 : une stratégie à inventer !

Achats d’énergie en période de Covid-19 : une stratégie à inventer !

L’éclairage de Claire Bertrand, présidente d’Energie Transition Solution

La période actuelle est-elle une pério-de d’opportunités ? Faut-il attendre encore la baisse ou prolonger dès à présent ses approvisionnements ?Faut-il sécuriser sa formule d’achat en prix fixe ? La reprise d’activités per-met-elle une bonne visibilité des volumes à contracter dès mainte-nant ? Faut-il acheter plus de flexibili-té du fait de l’avenir incertain, mais à quel prix ? Les fournisseurs risquent-ils de faire défaut suite à des reventes à perte de volumes non consommés et à des clients de plus en plus nombreux en difficulté ? Les interrogations des acheteurs d’énergie sont multiples dans ce contexte inédit.

L’offre de demain intègrera des risques

La pandémie mondiale a conduit à l’arrêt du secteur industriel non essen-tiel pendant deux mois. La reprise s’amorce, mais à quand le retour à la normale ? Cette nouvelle donne pré-sente des risques importants pour les fournisseurs, avec des reventes consé-quentes de volumes non consommés. L’imbroglio sur l’exercice de la clause de force majeure Arenh par les four-nisseurs alternatifs illustre l’enjeu considérable qui risque de peser sur les comptes de résultats des acteurs du marché électrique. Il y a fort à parier que l’offre de demain intègrera des risques et des contraintes tirées de cette expérience inédite, au détri-ment du consommateur.

Concernant le gaz naturel, le secteur de la production électrique à partir de centrales à gaz a également subi la baisse de la consommation. Ces ins-tallations ont été supplantées par le bon respect du « merit-order » au pro-fit des productions renouvelables fatales qui profitent de leur priorité sur le réseau. En conséquence, les fournis-seurs de gaz naturel connaissent une situation d’excédents jamais rencon-trés dans le passé, revendus à des décotes pénalisantes. Compte tenu du mode de rémunération des ENR, leur résistance à la situation économique est supérieure à celle des autres opé-rateurs du marché. Des sociétés cotées de ce secteur ont d’ailleurs déjà annoncé le maintien de leurs objectifs et certains fonds d’investisse-ments spécialisés ont maintenu, voire renforcé leur position.

La nécessité de reconstituer les marges

Devant un tel cataclysme sur le mar-ché, quelle attitude doit adopter l’acheteur d’énergie ? Ne pas prendre de position est une prise de position en soi ! Néanmoins, l’absence de visi-bilité sur les volumes qui seront consommés pour l’avenir doit inciter à la plus grande prudence. Même avec une meilleure visibilité sur ses besoins d’approvisionnement, donner les clefs de la maison à un fournisseur exclusif et ce, pour plusieurs années, relève sans aucun doute d’une prise derisque avéré pour l’acheteur. En effet, ces fournisseurs, avec des marges excessivement réduites ces dernières années, auront été mis à mal par cette nouvelle conjoncture et devront impé-rativement reconstituer leurs marges, au risque pour certains d’interrompre leur activité. Il est fort à parier que même avec une cotation initiale atti-rante au cours de l’appel d’offres, les services en cours de contrat (« swap »/fixation/revente/transfor-mation de formule et autres) devien-nent, bien plus qu’avant, une manne reconstituante pour eux et pénalisante pour l’acheteur.
Remise en concurrence
Dans ce contexte, seule une remise en concurrence périodique, élargie à plus de fournisseurs, sur des pas de temps plus courts, sur des produits standards (de type blocs), via l’accès direct au marché de gros par l’ache-teur, lui apporte une solution pragma-tique et réellement optimisante. Dans ce cadre, le recours à un opérateur indépendant de services, de préféren-ce européen (accès et foisonnement Europe), lui permet de s’affranchir de toute la partie logistique et opération-nelle pour se consacrer à son acte d’achat. Cette solution, ouverte aux acheteurs depuis plus de dix ans, a d’ailleurs fait ses preuves par le passé à une époque post-crise financière où les marges des fournisseurs étaient bien supérieures et la visibilité sur les profils de consommation mal maitri-sée. Il est fort probable que la pério-de du « post Covid-19 » saura restau-rer les lettres de noblesse de ce sché-ma d’approvisionnement qui repré-sente un outil robuste de gestion à la disposition des acheteurs.